SUR LE CHEMIN DE L'ESSENTIEL - AOÛT 2026


SUR LE CHEMIN DE L'ESSENTIEL |
Bonjour par ici, Cette lettre d’août arrive le 31, complètement sur le fil, comme une dernière respiration avant de plonger dans septembre. Cette semaine c’est la rentrée, les cours reprennent et je vais avoir le grand plaisir de vous retrouver. Mais avant de basculer dans le rythme de septembre, j’avais envie de retenir encore un peu l’été. Un été passé au contact de la nature à marcher, à ralentir, à dormir en van ou sous la tente. Et la découverte d’une nouvelle passion : la sieste en hamac. Quel kiff ! Dans tout ça, une aventure a occupé une place toute particulière, et c’est de celle-là dont j’ai envie de vous parler dans cette lettre: une semaine sur le chemin de Compostelle, en bivouac. 150 kilomètres à pied, du Puy-en-Velay à Saint-Chély-d’Aubrac. Entre 20 et 25 kilomètres par jour. Un sac sur le dos, une tente et un sac de couchage. Les trois ou quatre premiers jours ont été les plus difficiles. Les jambes sont douloureuses, les pieds chauffent, le sac pèse, les épaules tirent… et le mental joue des cymbales. Et puis presque s’en m’en rendre compte, le souffle a trouvé son rythme, le corps s’est adapté et assez vite, il en a redemandé. Le matin, il voulait repartir. Avancer. La marche au long cours nous fait peu à peu entrer dans un état méditatif. À force de mettre un pied devant l’autre, les pensées se déposent, l’attention revient au corps, à la respiration, au paysage. Je comprends aisément le plaisir de celles et ceux qui se lancent pour plusieurs semaines ou plusieurs mois. Et surtout, il n’y a presque rien à décider. Suivre les panneaux, trouver de l’eau et de quoi manger, puis, le soir venu, chercher un petit coin où poser la tente. C’est à peu près tout. J’ai trouvé dans cette simplicité une liberté immense. Nos vies sont tellement remplies de choix, de sollicitations, de choses à anticiper et à organiser que se retrouver avec pour seule préoccupation de savoir où marcher, quoi manger et où dormir devient presque un luxe. Il y a aussi quelque chose de très puissant dans ce pèlerinage : savoir que tous ceux que l’on croise avancent dans la même direction. Que l’on marche trois jours, trois semaines ou trois mois, quelque part au bout du chemin, il y a Compostelle. Le chemin est une aventure intérieure, bien sûr, mais profondément humaine aussi. Un matin, on rencontre un pèlerin. On marche quelques kilomètres ensemble, on échange des bribes de vie, avant que nos routes se séparent et que l’on se retrouve deux jours plus tard à une terrasse. Et puis il y a la beauté. Celle des grands espaces, des forêts, des lumières, des plateaux de l’Aubrac. Une beauté brute, d’autant plus saisissante que quelques jours auparavant, des incendies avaient ravagé une partie du pays. Face à ces paysages, je ressentais toute la puissance et la fragilité de la nature. On vit avec elle, au rythme du jour qui se lève et de la lumière qui tombe, de la chaleur aussi. Elle est là, immense, belle, parfois rude. Si précieuse. J’ai finalement assez peu pratiqué sur mon tapis cet été. Et pourtant, j’ai eu la sensation de pratiquer autrement. Vivre dehors, marcher, sentir la fatigue et la faim, s’arrêter quand le corps le demande. Écouter. Contempler. Le chemin ramène à l’essentiel avec une simplicité presque désarmante. Alors dans le tourbillon de la rentrée, c’est cela que j’ai envie de garder de cet été : être pleinement là où je suis, sans toujours chercher à voir plus loin. C’est aussi ce que j’aime dans le fait de revenir sur le tapis. Pendant une heure, il n’y a rien d’autre à accomplir. Rien à réussir. Nulle part ailleurs où être. J’espère que, de votre côté, cet été vous aura offert ce dont vous aviez besoin : du mouvement ou du repos, de l’aventure ou du calme, des retrouvailles, du temps dehors ou simplement un peu d’espace. Je suis très heureuse de reprendre le chemin des cours, et surtout de vous retrouver. Je vous souhaite une très belle rentrée, et je vous dis à très vite sur le tapis. ♡ |



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